Alice Guerlot-Kourouklis

334 Distance (Cézame, 2012)

Alice Guerlot-Kourouklis : 334 Distance (Cézame, 2012)

Qu'est-ce donc qu'un lemon-peel grater ? Bon sang, mais c'est bien sûr, se dit-on en regardant de près la photo d'Alice Guerlot-Kourouklis qui orne la pochette intérieure du disque ! Il s'agit d'un grattoir à peau de citron. C'est aussi l'un des instruments parmi la bonne douzaine d'autres, plus connus, dont pratique Alice Guerlot-Kourouklis : claviers, percussions, clarinette, guitare électrique, ukulélé, marimba, piano. Et puis Alice Guerlot-Kourouklis chante, chantonne et parle. Il n'en résulte pas un capharnaüm, comme on pourrait le craindre à la lecture de la liste du bric-à-brac, mais, au contraire, une petite merveille très construite en toute liberté : mélodique, rythmique, acoustique et électronique. Alice Guerlot-Kourouklis nous choppe sur le premier titre, Washing Machine, quasi hip-hop, par un défilé rythmique de mots en anglais sur boucle d'orgue et de vents synthétiques. Passant de l'anglais au français d'un titre à l'autre, elle promène sa poétique linguistique et musicale à travers un scintillement tintinabulant et des volutes de cordes (plusieurs violonistes et violoncellistes interviennent au fil des titres) nous faisant penser ici à Pascal Comelade ou René Aubry, là, côté féminin, à Laurie Anderson, AGF ou Björk. "Penser" seulement, car son univers luxuriant fait fi des catégories et influences supposées, du big bang primordial de Washing Machine jusqu'au jeu d'étoiles filantes électroniques de Celesting qui clôt l'album. Mais non, oh, la, la, ce n'est pas la fin du monde. Depuis quand vit-on selon le calendrier maya, dites-moi ? On a la soluce : appuyer à nouveau sur la touche play, pour réécouter un disque qui fait du bien, repartir pour le voyage mélodique, rythmique, acoustique et électronique au cours duquel Alice Guerlot-Kourouklis chante, chantonne et parle.

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