éthiopiques

éthiopiques 24 : L'âge d'or de la musique éthiopienne moderne 1969-1975
éthiopiques 25 : 1971 > 1975 Modern Roots

éthiopiques 24 : L'âge d'or de la musique éthiopienne moderne 1969-1975

Voici les 24e et 25e volumes de la collection éthiopiques dédiée à faire ressurgir du passé les enregistrements de l'âge d'or de la musique éthiopienne moderne qui s'étale de 1969 à 1978. Et son groove urbain est si unique et entraînant que l'on a peine à croire que ces enregistrements aient pu resté aussi longtemps à prendre la poussière au fin fond d'une cave grecque. Francis Falceto avait découvert le désormais célèbre Era Mèla Mèla de Mahmoud Ahmed au début des années quatre-vingt et le fit reparaître sur l'iconoclaste label belge Crammed Discs en 1987. Il lui aura donc fallu une bonne dizaine d'années supplémentaires de démarches passionnées, de voyages et rencontres (ainsi que la découverte de ladite cave grecque), pour lancer la collection éthiopiques chez Buda Musique (et rééditer à nouveau Era Mèla Mèla, le volume 7 de la collection). Depuis l'aventure se prolonge patiemment, car il faut de la patience pour confectionner ces disques d'une très bonne qualité sonore accompagnés de livrets toujours bien documentés. Notons simplement, pour les précédents volumes, que ceux qui auraient découvert le son éthiopien à travers Broken Flowers sans en connaître l'origine doivent se précipiter sur le volume 4 : éthio-jazz & musique instrumentale 1969-1974. Il contient plusieurs des titres de Mulatu Astatqé utilisés dans la bande son du film de Jim Jarmush.

Le volume 24 continue l'exploration de l'âge d'or de la musique éthiopienne. Il nous donne à découvrir plusieurs titres des chanteurs Sèfou Yohannes, Ayaléw Mesfin, Wubshèt Fisseha ou encore Mulatu Astatqé. Ce groove, c'est un mouvement très marqué de balancier proche de celui du Rhythm and Blues accompagné d'une guitare électrique et fréquemment appuyé et relancé par une section de cuivres pour propulser des textes chantés le plus souvent en amharique, l'une des marques si particulières du « swinging addis ». Si l'on veut situer cet indéfinissable groove c'est finalement du côté de la Jamaïque et du Rock Steady, qui précède de peu le reggae, que l'on trouve un genre un tant soit peu comparable. Et sans que cela soit lié aux Rastafaris eux-mêmes qui pourtant vénèrent (et tirent même leur nom) de l'empereur éthiopien Haïlé Sélassié. Cet « éthio-groove » peut se jouer sur le mode slow, mais est le plus souvent sur un mode très rapide voire prenant brusquement de la vitesse entre deux mesures. Petites surprises, en fin de volume déboule Assiyo bélléma aux rythmes caribéens soutenus par des steel drums, puis des titres totalement soul-funk, ceux des Ashantis, en anglais.

éthiopiques 25 : 1971 > 1975 Modern Roots

Le volume 25 1971 > 1975 Modern Roots met l'accent sur les traditions amhara et oromo, les deux grands ensembles culturels et linguistiques d'Éthiopie. Les chanteurs Thahoun Gèssèssè, Essatu Tèssèmma, Sèfou Yohannes, Abaynèh Dèdjèné et quelques autres reprennent des airs traditionnels et nous plongent dans un univers sonore plus acoustique, plus simplement habillés de flûte, de tambourin, d'instruments à cordes et de claquements de mains, de chœurs répondant au chanteur soliste. Sur certains titres viennent poindre à nouveau des sonorités plus modernes d'orgues et de cuivres.

L'entreprise titanesque mais salutaire de Francis Falceto est de rééditer l'intégralité des quelques cinq-cents 45 tours simple et trente 33 tours qui constituent la production discographique éthiopienne des années 1969-1978. La quasi intégralité du label phare de cette époque, Amha Records, est désormais rééditée. Il reste encore une douzaine de volumes des éthiopiques à venir qui s'intéresseront aux autres labels, en particulier Kaifa Records.

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© Eric Deshayes - neospheres.free.fr