Fantazio

Fantazio : Cinq mille ans de danse crue...

Cinq mille ans de danse crue... et de grands pas chassés (La Triperie, 2009)

Fantazio ne fait pas dans le prosélytisme forcené et pourtant par son simple talent de l'arrangement complexe qui passe bien, de la rupture de cadence, de l'orchestration luxuriante, il vous embarque dans un imaginaire noir de suie, colorisé à coups de reflets de cuivres de big band, de rythmes hip-hop ou manouches, de cordes de banjo, contrebasse et guitare, invitant aussi pour cela de nombreux musiciens dont, entre autres, l'accordéoniste René Lacaille. Pas prosélyte Fantazio saute facilement du français à l'anglais (à l'espagnol aussi) pour déclamer sa prose riche et habitée autant par le dégoût de notre société asociale que par un surréalisme de cartoon et une envie d'inviter l'autre, un désir qui se ressent par ses couleurs musicales hors frontières. On remarque même deux courtes tirades de Bernadette Laffont (peut-être, elle n'est pas créditée) prenant position pour Frantz Fanon l'anti-colonialiste père du tiers-mondisme. Cinq mille ans de danse crue... et de grands pas chassés, un titre qui nous fait remonter à la protohistoire, est joyeusement corrosif à la manière d'un Captain Beefheart. Dément peut-on se dire, mais Fantazio n'est pas dément puisque tout à fait conscient et maître de son art, ce qui est encore plus impressionnant et finit de vous convertir et de vous laisser embarquer sur le parquet pour une danse entre valse et pogo.

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© Eric Deshayes - neospheres.free.fr