GRIMO

LES QUATRE DIRECTIONS (Locust, 2008)

GRIMO : Les Quatre Directions (Locust, 2008)

Le livret contient un plan de développement circulaire représenté par des strates concentriques annotées de quelques lettres ou d'indications plus explicites: moog the source, fender stratocaster, synthi AKS... Sur le bord extérieur, gradué par petites tranches de cinq minutes, apparaissent quelques mots tirés de la langue des sioux Lakota suivis de leur traduction anglaise. Sont ainsi notés les mots entendus (après avoir augmenté le volume dans les toutes premières minutes presque silencieuses) : NAHLALA (tinckle some hand bells), NAGOYA (record !) WICAHO OYUSPE (tape recorder).

Cette partition expérimentale rappelle celles de compositeurs contemporains, tout comme la pièce elle-même évoque Stockhausen par son flux de sonorités électroniques (drones, courts motifs et pics aïgus) et son travail sur les timbres des percussions. Les Quatre Directions restent cependant très éloignées de l'esthétique sérielle et de l'électroacoustique écrite. La respiration interne, la tonalité, la présence de mélodies, même délitées, placent l'ensemble davantage du côté d'une musique improvisée et d'un beau psychédélisme.

Les Quatre Directions invitent l'auditeur à la méditation, à l'écoute sereine, jusqu'à ce qu'une phase de tension s'installe par la répétition de notes jouées à la Stratocaster, douces puis de plus en plus agressives, croisées à diverses sonorités de synthés dispersées. Totalement différentes de Rag-Time vol.2 avec Pierre Bastien, sorti à quelques mois d'intervalle, Les Quatres Directions sont aussi une superbe réussite. Une année et demi d'enregistrement a été nécessaire pour ce disque, mais on croirait qu'il a été tout naturellement capté en un seul jet d'une heure, sa durée, comme on écouterait une fontaine sonore dans un état second.

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