ORVAL CARLOS SIBELIUS

Super Forma (Clapping Music, 2013)

Damned ! Voilà déjà plus de six mois que Super Forma, le deuxième album d'Orval Carlos Sibelius est sorti, autant dire un quart de siècle selon le chrono-speed des flux et fleuves médiatiques. Mais comme ici à Néosphères on s'en fout un peu du buzz, on osera dire qu'Orval Carlos Sibelius est plus que toujours d'actualité. La cause principale? L'album est aussi bon que son prédecesseur, sorti il y a un ou deux millénaires et l'installe pour longtemps dans un paysage musical psychédélique où les montres sont ramollies comme chez Dali. Pour ceux qui ont besoin de références, disons que c'est comme si The Flaming Lips avaient réussi à entrer en contact avec Syd Barrett dans l'au-delà pour composer des morceaux pour des Beach Boys sous acide, enfin, un truc dans le genre. Mention spéciale pour "Desintegraçao", qui sonne comme "Desintegrated Song", en tous cas un morceau qui en peu de mots en dit long sur les torsions subies par le format pop.

L'autre cause principale (à bas la monarchie) est qu'Orval Carlos Sibelius est en tournée en France en ce début 2014. Attention , c'est dans le réel, alors prenez date, il affiche complet, c'est blindé de monde.

Orval Carlos Sibelius (Clapping Music / Rue Stendhal, 2006)

ORVAL CARLOS SIBELIUS (Clapping Music, 2006)

Orval Carlos Sibelius, avec un nom pareil et une pochette d'album comme celle-là on peut s'attendre à de l'hétéroclite mystique façon art brut. Mais ce curieux personnage aux allures de réincarnation christique déjoue autant les apparences que les genres musicaux. Orval Carlos Sibelius (alias Axel Monnaud) s'était fait connaître en participant à l'excellente compilation Active Suspension Vs Clapping Music (Active Suspension, 2003). Quelques musiciens viennent lui prêter main forte sur ce premier album : Zoé Wolf et Kumi Okamoto, de The Konki Duet, assurent une bonne partie des backing vocals ; Jérôme Lorichon joue de la batterie sur deux titres et Olivier Thiery de la flûte sur Moselle. Orval Carlos Sibelius présente simplement sa musique comme de la "pop progressive". Cette définition, plutôt juste, peut être précisée en parlant de pop-folk psychédélique teintée d'électronique. Cet album de 44 minutes, un timing qui rappelle le bon vieux format vinyle des seventies, est en effet truffé de trouvailles mélodiques, de breaks et de digressions bien amenées. Ces compositions à tiroirs évoquent Mercury Rev (en plus léger), Robert Wyatt (notamment sur Albert's Suspended Lake), Brian Wilson, et même les Northettes, les fameuses choristes d'Hatfield and the North. Fortement marqué par le rock progressif anglais dit "de Canterbury", Orval Carlos Sibelius réinvente une pop à la fois intelligente et rafraîchissante. A savourer sans modération, l'été s'annonçant caniculaire.

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© Eric Deshayes - neospheres.free.fr