RICHARD PINHAS and MERZBOW

KEIO LINE  (2CD : Cuneiform, 2008) / (3LP : Dirter Promotions, 2008)

Richard Pinhas and Merzbow : Keio Line

Puissant, précis, monumental. Il est des rencontres tout simplement magiques. Celle de Richard Pinhas et de Merzbow se fit en octobre 2007 pour un concert à Tokyo et leur donna illico l'envie d'enregistrer ensemble en studio, empruntant pour se faire le métro, la Keio Inokashira line, nom d'un tracé urbain souterrain sobrement repris pour le titre de ce double album magistral : Keio Line. Que ce soit Richard Pinhas, avec sa guitare électrique pas franchement utilisée comme le ferait un guitar hero, ou bien Merzbow et ses manipulations électro-analogiques, ils ne sont pas hommes de convention. Ils semblent cependant avoir signés là un pacte secret et jurés de faire fusionner leurs deux univers au point que l'on ne sache plus qui de l'un ou de l'autre est l'auteur de telle ou telle boucle sonore, transgression électronique ou rythmique machinique, hormis bien sûr cette guitare-pinceau, barre d'acier trempé dessinant dans le cosmos sonique des lignes de force qui vous aspirent le cerveau à travers la vibration de vos tympans. Merzbow est quant à lui crédité aux "Synthi A and all noises". Bruits effectivement. Il ne s'agit ici nullement de prouver la musicalité des pauvres petits pointillés de la gamme occidentale, mais de suivre l'évolution d'immenses tracés sonores d'une beauté suffocante. L'esthétique criante est ici celle de la forme, du mouvement, des perspectives. Faites passer le mot, la pensée musicale de Richard Pinhas atteint ici, avec Merzbow et Keio Line, l'un de ses sommets les plus flamboyants.

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