Néosphères, l'historique (2000-2015)

Why Néo ? Because of the Matrix ? Non, rien à voir avec Keanu Reeves se pliant telle une botte en caoutchouc mollassonne.

Avant Néosphères : InterZone

Il était une fois Interzone début 2000, petit annuaire de sites musicaux. C'était l'époque des modems à 56kbps, de Netscape Navigator, des NTIC dans les Facs, du HTML brut et des premiers Tisserands du Web. L'An 2000 moins les voitures qui volent... No problemo. Moins on est chargé matériellement plus on a de chance de planer longtemps.

A Rennes, une bande de mélomanes killers lance une association «pour la promotion et la diffusion des musiques expérimentales, improvisées et avant-gardistes.» L'assemblée générale constitutive réunissait Philippe (chez lui), Nicolas, Gwen, Jackie, Carole, Fabrice, Zap-Pascal, Christian, Sylvain, Nadine, moi... et peut-être un chat.

A l'asso, il fallait donner un nom. « Pourquoi pas Interzone ?», dis-je. Une unanimité floue émergea de la connexion nova express avec l'Interzone du Festin Nu de William S. Bourroughs. Plus qu'un singulier, il faut des pluriels : InterzoneS. Il y a plus d'un interstice où caler un coin de bûcheron pour faire péter le système binaire. L'association Interzones fut officiellement créée à l'automne 2000. Son baptême du feu fut le concert de Charles Curtis, new-yorkais psychédélique minimaliste ayant joué avec La Monte Young. Interzones inscrivit à son tableau d'honneur de 2001 Alan Silva, Michael J. Schumacher, Dominique Grimaud et Keith Rowe.

Et Néosphères naquit

Néosphères

Mais reprenons le fil... Interzones devenant une association, tout penaud étais-je, sans nom pour mon petit annuaire de sites internet. Brainstorming de 3 secondes, il me fallait créer une autre zone, une nouvelle sphère : bah..., allons-y pour Néosphère, toujours sur Multimania, hébergeur saturé de pop-ups publicitaires. Deux ans plus tard, il était temps de déménager, d'aller chez un petit nouveau : Free. Mais "Neosphere" y était déjà pris par un webmaster si nihiliste qu'il a éternellement laissé l'espace disque vacant. En 2002 ou 2003 naquit Néosphères, au pluriel aussi, car il y a plus qu'une bulle dans un aquarium.

La baseline de Néosphères a été « Nouvelles musiques anciennes et postmodernes», le résultat de réflexions menées en parallèle à l'écriture des livres CAN, Pop-Musik, Kraftwerk et de deux ou trois autres en devenir. Quelques dates, faisons du chiffre :

1320 : Philippe de Vitry, Ars nova....
1602 : Giulio Caccini, Le nuove musiche.
1958 : Ornette Coleman, Something Else!!!!
1962 : Theodor W. Adorno, Philosophie de la nouvelle musique.
1970 : Rolf-Ulrich Kaiser, Das Buch der Neuen Pop Musik.
1996 : Stéphane Lelong Nouvelle musique.
2001 : Daniel Charles, La Fiction de la postmodernité selon l'esprit de la musique.

A tous les âges de nouvelles musiques ont été créées par les humains pour leurs propres ouïes. Notre époque épique est celle de leurs collisions dans l'ici et maintenant, celui de la fiction postmoderne. Néosphères a commencé à explorer le Krautrock (ou Neue Pop Musik), la new music ou musique minimaliste, le Free Jazz ou The New Thing, le rock (?) français (aucune variante soulignant sa nouveauté, pas assez médiatisé)... 2000-2015: Néosphères a 15 ans. Il est un adolescent qui devra monter sur les épaules des géants.

Éric Deshayes
Première version publiée le 21 juin 2015.

© Eric Deshayes - neospheres.free.fr