PHILIP GLASS

one, two, one two, one two three four, one two, one two ... La technique de composition de Philip Glass est basée sur les notes additives. Il l'a adoptée après avoir découvert la musique indienne. Depuis, la progression par addition est devenue sa signature dynamique reconnaissable dès les premières secondes.

Philip Glass

Philip Glass (né à Baltimore, 1937) étudie le violon dès l'âge de 3 ans, puis la flûte et le piano. Il découvre la musique classique à travers les invendus que son père rapporte de sa boutique de réparation de radios et de vente de disques. Il Après des études de mathématiques et de philosophie à Chicago, Philip Glass s'inscrit à la Juilliard School de New York. Il y rencontre Steve Reich avec qui il se lie d'amitié. D'abord attiré par le sérialisme, Philip Glass se tourne finalement vers des compositeurs anticonformistes, tels que Harry Partch, Charles Ives, Henry Cowell et Moondog. Cherchant encore sa voie il s'installe à Paris pour y suivre des cours sous la direction de Nadia Boulanger.

Vers 1965 un studio parisien fait appel à lui pour transcrire en notation occidentale une musique de film écrite par Ravi Shankar. Pour Philip Glass cette découverte de la musique indienne est une révélation: "Dans la musique occidentale nous divisons le temps, c'est comme si on prenait une certaine durée et la sectionnait comme on coupe des tranches de pain. Dans la musique indienne on prend des petites unités -ou "beats"- et on les assemble pour créer des valeurs de temps plus grandes", déclare-t-il au magazine musical parisien Octopus (n°4, 1996).

Philip Glass abandonne ses premiers projets pour étudier les musiques d'Afrique du Nord, d'Himalaya et d'Inde. Là-bas il rencontre pour la première fois Ravi Shankar en 1967. De retour à New York, subvenant à ses besoins en exerçant des petits boulots (plombier, chauffeur de taxi, employé d'aéroport, déménageur dans une compagnie fondée avec Steve Reich...) il commence à développer une technique de composition basée sur la progression additive d'une figure répétitive donnée (1,2,3 ; 1,2,3,4 ; 1,2,3,4, etc.). Il compose ainsi une première pièce à l'édifice : One + One en 1968.

La même année il crée son propre groupe, le Philip Glass Ensemble, auquel participe le saxophoniste Jon Gibson, et co-fonde la compagnie de théâtre "Mabou Mines". En 1969, Philip Glass rencontre Moondog dans les rues de Manhattan et l'héberge pendant 3 mois. Philip Glass et Steve Reich ont ainsi l'occasion de travailler avec lui et le qualifieront de "fondateur du minimalisme".

Philip Glass

De 1971 à 1974 Philip Glass écrit Music in 12 Parts, unc ondensé des différentes techniques développées par la musique minimaliste depuis le début des années 1960. Cette période culmine en 1976 avec la création à Avignon de l'opéra Einstein on the Beach, mis en scène par Robert Wilson, qui le fait connaître au niveau international. Einstein on the Beach, dédié à Albert Einstein, ouvre une trilogie sur les grands hommes. Suivront Satyagraha (1980) dédié à Gandhi et Akhnaten (1983) dédié au premier pharaon monothéiste égyptien. Trois monuments qui bouleversent la forme traditionnelle de l'opéra (certains parlent d'anti-opéra).

Particulièrement prolifique Philip Glass a également composé Hydrogen Jukebox (textes d'Allen Ginsberg), Songs from Liquid Days (1986) ; The Photographer (1982) ; deux symphonies basées sur les albums de David Bowie en collaboration avec Brian Eno : Low Symphony (1993) et Heroes Symphony (1997) ; Itaipu et The Canyon (1990) deux pièces symphoniques sur la nature ; de très nombreuses musiques de films parmi lesquelles : la trilogie "qatsi" de Godfrey Reggio : Koyaanisqatsi (1982), Powaqqatsi (1988), Naqoyqatsi (2002), ainsi que Anima Mundi (1993) également de Reggio ; Mishima de Paul Schrader (1985), Kundun de Martin Scorsese (1997), The Truman Show de Peter Weir (1998), The Hours (2002) de Stephen Daldry. Pour The Truman Show, Philip Glass a obtenu le Golden Globe de la meilleure musique de film en 1999. Julien Mazaudier a publié sur Cinezik.org un excellent article sur Philip Glass.

Chronique de Symphonie n°8 (2006)
Chronique de The Passion of Ramakrishna (2012)

Le 24 avril 2013, Philip Glass donnait un concert à la Cité des Congrès de Nantes. Lui au piano et Tim Fain au violon ont joué en solo ou en duo des compositions de Philip Glass. Malheureusement deux ou trois titres ont été légèrement parasités par un bip répété de téléphone portable coincé entre deux sièges. Philip Glass l'entendait aussi, mais ne s'est pas senti gêné au point d'interrompre le concert. Difficilement localisable du fait de l'acoustique impeccable de la salle, e téléphone a été retrouvé dans la nuit. Patrick Gyger, directeur du Lieu Unique et co-organisateur du concert à apporter des précisions au quotidien Presse Océan.

Le coffret 3CD Plays Philip Glass propose une collection d'enregistrements du Cluster Ensemble, une formation dédiée depuis 2013 à l'interprétation des premières oeuvres de Philip Glass : Two Pages (1968), Music in Fifths (1969), Music in Contrary Motion (1969), Music in Similar Motion (1969) et Music with Changing Parts (1970). Plays Philip Glass est publié sur le label Orange Mountain Music et disponible sur Amazon : Cluster Ensemble Plays Philip Glass (3CD)

Bibliographie :

  • Stéphane Lelong, Nouvelle Musique (Balland, 1996).
  • Johan Girard, Répétitions : L'esthétique musicale de Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass (Presse Sorbonne Nouvelle, 2010). Disponible sur Amazon.fr
© Eric Deshayes - neospheres.free.fr