Richard Maxfield (1927-1969)

L'un des grands pionniers oubliés de la musique électronique. Prenant la relève de John Cage, en 1959, à la New School for Social Research à New York, Richard Maxfield enseigna, sans doute le premier aux Etats-Unis, les techniques de création musicale à l'aide de sources électroniques.

The Oak of the Golden Dreams

Richard Maxfield, né à Seattle en 1927, joua du piano et de la clarinette dès son enfance et écrivit ses premières compositions pendant son adolescence. Après son service militaire, il entra à l'Université de Berkeley où il assista le séminaire de composition de 1947 à 1951. En 1951, il obtint le prix Hertz qui lui permit de suivre les cours d'été d'Ernst Krenek à Los Angeles, puis de se rendre en Europe où il rencontra Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen et Luigi Nono. Il étudia avec Aaron Copland en 1953, puis Milton Babbitt à Princeton en 1954 et 1955. Il repartit en Europe étudier avec Luigi Dallapiccola et Bruno Maderna en Italie. En 1958, tout comme Dick Higgins, Allan Kaprow, Toshi Ichiyanagi (le premier mari de Yoko Ono), Walter de Maria, Terry Jennings ou encore Terry Riley, Richard Maxfield participa au séminaire de John Cage à la New School for Social Research à New York. Il prit la suite de John Cage au poste de professeur en 1959. Ses cours furent suivis notamment par La Monte Young et Georges Maciunas, futur fondateur du mouvement Fluxus. Richard Maxfield enseignait, sans doute le premier aux Etats-Unis, les techniques de création musicale avec des sources électroniques. De 1959 à 1964 Richard Maxfield composa un peu moins d'une vingtaine d'œuvres, notamment "Night Music" (1960) "Dromenon" (1961), "Piano Concert for David Tudor" (1961) et "Toy Symphony" (1962). Largement improvisées, ses œuvres combinaient l'acoustique à des éléments sur bandes magnétiques, à l'instar de la musique concrète et des éléments purement électroniques, obtenus à l'aide de générateurs d'ondes, de chambres d'échos, de différents filtres et amplificateurs.

La Monte Young interpréta les œuvres électroniques de Maxfield lors de concerts et devint son assistant à la New School. Richard Maxfield participa, aux côtés de David Tudor, Terry Riley, Terry Jennings, Dick Higgins et Georges Maciunas, aux premières séries de concerts organisées par LaMonte Young dans le loft de Yoko Ono en 1960 et 1961. Richard Maxfield fut le directeur musical de la James Waring Dance Company et ses œuvres furent régulièrement jouées lors de concerts au Living Theatre et pour des spectacles de Aileen Passloff et Paul Taylor.

En 1967, Richard Maxfield laissa ses bandes magnétiques, ses partitions et son équipement à Walter De Maria avant de déménager à San Francisco où il enseigna au San Francisco State College en 1966 et 1967. Il déménagea à nouveau, à Los Angeles en 1968. Accro aux drogues, Richard Maxfield se jeta d'une fenêtre et décéda en 1969 à l'âge de 42 ans. Le matériel laissé par Richard Maxfield à Walter De Maria fut légué à la Dia Art Foundation en 1975, puis à la Mela Foundation de La Monte Young et Marianne Zazeela en 1985.

Le label New World Records a réunis sur le CD "The Oak of the Golden Dreams" deux albums précédemment édités en vinyle par le label Advance : l'album éponyme de Harold Budd et celui de Richard Maxfield "Electronic Music". "Electronic Music" contient : "Pastoral Symphony (1960), pièce constituée de sons électroniques tenus obtenus par générateurs ; "Bacchanale" (1963), œuvre de musique concrète juxtaposant jazz, musique folklorique coréenne, spoken words et divers instruments, dont le saxophone de Terry Jennings ; "Piano Concert for David Tudor" (1961) ; "Amazing Grace" (1960), composées de bandes magnétiques mises en boucles, dont la vitesse est modifiée en cours d'exécution. "Amazing Grace" préfigure les travaux sur bandes de Terry Riley et Steve Reich.

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© Eric Deshayes - neospheres.free.fr